Sida: Isentress, une arme très efficace contre le VIH

Publié le par Christophe Martet

Dans de très chics salons à deux pas de l'Étoile, le laboratoire Merck présentait officiellement son nouvel antirétroviral phare, Isentress, à la presse médicale et à quelques militants associatifs.

Premier de sa classe, Isentress cible une nouvelle étape de la réplication virale, l'intégrase. Un moment-clef de l'infection des cellules par le VIH, puisque c'est l'étape durant laquelle le VIH s'intègre au coeur de la cellule hôte pour en détourner l'activité à son profit (voir schéma).

Cycle-r--plication-VIH-1--.jpg                                  document © MSD
                           

Vingt ans après la mise à disposition du premier traitement (l'AZT) en 1987, la recherche a successivement permis de trouver des molécules s'attaquant au VIH de façon différente. Nous disposons aujourd'hui de 21 molécules dans six classes. Mais le VIH résiste toujours et nous ne pouvons toujours pas parler de victoire contre le sida, tant le virus a montré sa capacité à pouvoir muter et à rendre moins efficace les traitements.

L'arsenal thérapeutique est pourtant suffisamment vaste pour faire preuve d'un certain optimisme. L'objectif des traitements est désormais d'obtenir et de maintenir une charge virale indétectable, gage du succès à long terme de la thérapeutique. L'intérêt de cette stratégie a été martelé par tous les intervenants: Michel Vounatsos (PDG de MSD-Chibret France), le Pr Jacques Reynes (hôpital Gui de Chauliac, Montpellier), Xavier Rey Coquais (association Actif Santé) et le Pr Christine Katlama (hôpital de la Pitié Salpétrière). Cette dernière, toujours en verve et claire encore dans ses présentations, a insisté sur la puissance d'Isentress. Après dix jours de monothérapie avec Isentress dans un essai contrôlé, la charge virale avait diminué de 2 logs, ce qui veut dire qu'elle avait été divisée par 100! Du jamais vu dans le traitement du VIH. Cette force d'Isentress a incité les autorités de santé, l'Afssaps en particulier, à lui accorder rapidement une Autorisation de mise sur le marché, qui est intervenu le 20 décembre 2007. Mais déjà 1300 patients avaient pu en bénéficier auparavant en France grâce aux Autorisations temporaires d'utilisation.

Isentress est pour l'instant indiqué uniquement pour les patients adultes prétraités ayant une charge virale détectable sous traitement antirétroviral en cours. Isentress doit être associé à d'autres agents antirétroviraux.

Le profil de tolérance d'Isentress est particulièrement bon selon les études publiées à ce jour mais attendons de voir ce que donnera l'utilisation de ce médicament sur une grande échelle. À ce propos, le laboratoire réunissait après la conférence de presse les associations, pour évoquer notamment la question des effets secondaires. MSD s'est engagé, et c'est suffisamment rare pour être souligné, pour conduire, en collaboration avec les médecins et les associations, des études afin d'évaluer les risques
de l'utilisation d'Isentress au long terme .

Isentress sera remboursé sur la base d'un coût journalier de 27 euros (soit 810 euros par mois). Dans 50 pays pauvres, MSD le vendra sans profit. À prix coûtant, ce serait encore mieux, non?

En tout cas, l'arrivée d'un nouveau médicament efficace est toujours une bonne nouvelle pour les malades qui voient l'horizon s'éclaircir un peu plus.


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Publié dans Prévention-sida

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