Act Up-Paris, respect

Publié le par Christophe Martet

J'étais hier soir parti à Capa, dans le XVe, pour enregistrer une interview sur Act Up-Paris. Delphine Vailly, qui avait travaillé pour le dernier Têtu+, est une super journaliste qui depuis plus d'un an,  filme les "nouveaux contestataires". Ce sera d'ailleurs le titre  de son documentaire, diffusé sur Canal+ au printemps. Elle voulait m'interviewer sur ce que les nouveaux mouvements sociaux doivent ou pas à Act Up. Même si aujourd'hui, nos actions font partie de l'histoire, c'est clair qu'à l'époque, nous avons parfois innové. La nouveauté en tout cas, c'était que des malades décident de parler à la première personne, de ne plus déléguer leurs vies à d'autres. C'est ce que j'appelerai l'héritage Stonewall. Le 28 juin 1969, les drag queens et les pédés présents dans ce bar de Greenwich Village inventèrent le mouvement gay moderne. Face à la énième descente de police, ils ont dit: "Enough is enough" et ont contre attaqués aux cris de "Gay Power!". C'est à ça que je pense quand je pense à Act Up. Nous ne pouvions plus nous taire, nous ne pouvions plus supporter ce qui nous arrivaient, et pour moi j'avais envie de me sentir utile alors que je n'avais rien pu faire quand mes deux meilleurs amis, Laurent et Oliver, sont morts. Et même si aujourd'hui, des grincheuses ou des aigries, à commencer par Didier Lestrade, jettent Act Up avec l'eau du bain, ils ne pourront pas nous enlever cette histoire et ils ne pourront pas casser ce mouvement, plus fort qu'eux.
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Publié dans Prévention-sida

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